La question revient souvent chez les nouveaux mandataires immobiliers : faut-il déclarer ses revenus en BIC ou en BNC ? La réponse est simple. Un mandataire immobilier exerce en tant qu’agent commercial indépendant, donc ses commissions relèvent des bénéfices non commerciaux.
Ce n’est pas une option, mais une conséquence de la nature de l’activité. Voici les règles à connaître sur votre régime fiscal, vos déclarations et les erreurs à éviter.
Un mandataire immobilier relève des BNC, pas des BIC
Un mandataire immobilier agit pour le compte d’un agent immobilier ou d’un réseau qui possède la carte professionnelle (carte T). Il ne réalise pas les ventes en son nom propre. Sa rémunération correspond à des commissions liées à une activité de mise en relation et de conseil.
C’est cette nature d’activité qui détermine son régime fiscal. L’administration fiscale considère les agents commerciaux comme relevant des bénéfices non commerciaux (BNC). Cette position est également reprise par les organismes et réseaux spécialisés du secteur.
Pourquoi le statut d’agent commercial impose le régime BNC ?
Le mandataire immobilier est inscrit au RSAC (registre spécial des agents commerciaux), un statut encadré par la loi Hoguet du 2 janvier 1970 qui régit les activités immobilières.
Sans carte T, il ne réalise pas de transactions en son nom propre. Son activité relève donc d’une activité libérale et ses revenus sont déclarés en BNC.
Pour un mandataire immobilier, le choix entre BIC et BNC ne se pose pas. Les commissions immobilières relèvent obligatoirement des BNC.
La différence avec l’agent immobilier titulaire de la carte T
L’agent immobilier possède sa propre carte professionnelle et exerce une activité commerciale en son nom. Ses revenus relèvent donc des BIC (bénéfices industriels et commerciaux).
Le mandataire immobilier, lui, agit pour le compte d’un réseau ou d’une agence. Il n’est pas le responsable juridique de la transaction. Cette différence détermine le régime fiscal applicable.
| Statut | Carte professionnelle | Régime fiscal |
|---|---|---|
| Agent immobilier | Oui (carte T) | BIC |
| Mandataire immobilier | Non (inscription RSAC) | BNC |
Pour aller plus loin sur les différents profils qui composent le secteur, vous pouvez consulter notre panorama des métiers de l’immobilier.

Quel régime micro choisir en tant que mandataire immobilier ?
Une fois le régime BNC confirmé, le mandataire immobilier a le choix entre deux modes de déclaration selon son niveau de revenus : le micro-BNC ou la déclaration contrôlée.
Le micro-BIC ne s’applique pas aux commissions immobilières du mandataire. Ce régime concerne une autre catégorie d’activité et n’est pas adapté à son statut.
Micro-BNC ou déclaration contrôlée : comment choisir ?
Le micro-BNC s’applique lorsque vos recettes annuelles restent sous le plafond prévu. C’est le régime le plus simple : vous déclarez votre chiffre d’affaires et un abattement forfaitaire de 34 % est appliqué.
Au-delà de ce seuil, vous passez en déclaration contrôlée (régime réel BNC). Vous pouvez alors déduire vos charges réelles. Cette option devient intéressante si vos frais professionnels sont importants, comme les déplacements, les formations ou les outils numériques.
Pour choisir :
- Micro-BNC : idéal si vos charges réelles sont inférieures à 34 % de vos recettes.
- Déclaration contrôlée : pertinente si vos charges dépassent cet abattement forfaitaire.
Le régime BNC a un impact direct sur votre fiscalité. En micro-BNC, l’abattement forfaitaire est de 34 %, contre des taux plus élevés en micro-BIC selon l’activité.
Les cotisations sociales suivent aussi des règles différentes. En micro-entreprise, le taux appliqué aux activités BNC est plus élevé que celui de certaines activités commerciales en BIC.
Cette différence peut peser sur le revenu imposable et la trésorerie. Il est donc important d’en tenir compte dès le début de votre activité pour éviter les mauvaises surprises.

Comment déclarer son activité de mandataire à l’URSSAF et aux impôts ?
Avant de déclarer vos revenus, vous devez vous inscrire au RSAC auprès du greffe du tribunal de commerce. Cette formalité confirme votre statut d’agent commercial et votre régime fiscal en BNC.
Une fois l’activité créée, voici comment se déroule la déclaration selon votre régime :
- En micro-BNC : vous déclarez votre chiffre d’affaires sur votre espace micro-entrepreneur (autoentrepreneur.urssaf.fr). Vous cochez la case « prestations de services BNC ». Les cotisations sociales sont calculées au taux de 22 % sur votre CA déclaré. Aux impôts, l’abattement de 34 % s’applique automatiquement.
- En déclaration contrôlée : vous tenez une comptabilité des recettes et des dépenses. Vous déposez la liasse fiscale 2035 chaque année. Votre bénéfice réel est déclaré en case 5QC de votre déclaration de revenus (formulaire 2042 C Pro).
Côté URSSAF, le classement dépend de votre situation. Le mandataire immobilier est généralement considéré comme une profession libérale non réglementée et relève de la Sécurité sociale des indépendants.
Les erreurs fréquentes à éviter sur le régime fiscal du mandataire immobilier
Première erreur : penser que vous pouvez choisir librement entre BIC et BNC. Ce choix n’existe pas. Votre activité d’agent commercial détermine automatiquement le régime applicable.
Deuxième confusion : croire que la vente de biens immobiliers entraîne un classement en BIC. Le mandataire ne vend pas pour son propre compte. Il agit comme intermédiaire, ce qui explique son rattachement aux BNC.
Troisième erreur : exercer une autre activité, comme la location meublée ou l’ouverture d’une agence avec carte T, sans adapter sa déclaration. Ces activités relèvent des BIC et doivent être traitées séparément.
Quatrième point à surveiller : le micro-BNC n’est pas toujours le régime le plus avantageux. Il est simple à gérer, mais l’abattement et les cotisations peuvent être moins favorables selon vos charges et votre niveau de revenus.
Enfin, ne mélangez pas les régimes BIC/BNC avec l’impôt sur les sociétés (IS). Les BIC et BNC concernent les revenus professionnels déclarés en nom propre.


