Chauffage en panne depuis plusieurs jours ? La loi ne fixe pas de délai précis, mais en pratique, un logement ne peut rester sans chauffage plus de 48 heures à 7 jours maximum, selon la nature de la panne.
Voici l’essentiel à savoir sur vos droits, les délais à respecter et les recours possibles pour obtenir une réparation rapide et garantir un logement décent.
Quel est le délai légal maximum sans chauffage pour un locataire ?
Le délai raisonnable selon la jurisprudence
Aucun texte de loi ne fixe de délai précis pour la réparation d’une panne de chauffage. Les tribunaux appliquent toutefois la notion de délai raisonnable, qui varie entre 48 heures et une semaine après votre signalement écrit de la panne. Ce délai court à partir du moment où vous avez notifié le propriétaire par lettre recommandée avec accusé de réception.
Si la panne est complexe ou que les pièces tardent à arriver, la jurisprudence accepte un délai pouvant aller jusqu’à 7 jours. En contrepartie, le bailleur doit fournir une solution provisoire, comme des radiateurs d’appoint. Concrètement, une panne signalée le 1er décembre doit être prise en charge au plus tard le 8 décembre.
Les délais raccourcis en période hivernale
Entre le 1er novembre et le 31 mars, la tolérance est presque inexistante. En période de froid, la jurisprudence impose une intervention sous 24 à 48 heures, surtout si les températures chutent ou si des personnes vulnérables occupent le logement.
Dès que la température passe sous 18 °C le jour ou 12 °C la nuit, le logement n’est plus décent. Le propriétaire doit alors agir immédiatement. Pensez à relever et photographier les températures. Ces preuves peuvent être déterminantes en cas de litige.
Quels sont vos recours face à une panne de chauffage ?
La mise en demeure du propriétaire
Après 7 à 8 jours sans réparation :
- Envoyez une mise en demeure en lettre recommandée.
- Exigez une intervention sous 48 à 72 heures.
- Demandez une réduction de loyer et le remboursement des frais engagés.
Joignez des preuves : photos, relevés de température, devis. Cette étape est indispensable pour lancer les délais juridiques.
Conservez tous les échanges écrits et contactez gratuitement l’ADIL pour obtenir un modèle de lettre adapté.

Les procédures judiciaires et la conciliation
Sans réponse deux mois après la mise en demeure, saisissez la Commission Départementale de Conciliation (CDC). Cette démarche gratuite permet souvent un règlement à l’amiable. En cas d’échec, le tribunal judiciaire peut imposer les travaux, réduire le loyer et accorder des indemnités.
En hiver, un référé d’urgence est possible pour accélérer la procédure. Les tribunaux accordent fréquemment une réduction de loyer de 30 à 50 % pendant la panne.
Attention, ne consignez jamais le loyer seul sans décision judiciaire, au risque de vous exposer à une procédure d’expulsion.
Quelle indemnisation pouvez-vous obtenir ?
Les tribunaux accordent systématiquement une réduction ou suspension de loyer proportionnelle à la durée de la panne. Au-delà d’une semaine sans chauffage, cette réduction atteint couramment 30 à 50% du loyer mensuel. Dans 70% des jugements récents, les locataires obtiennent cette compensation lorsque la panne dépasse 7 jours.
Vous pouvez aussi demander des dommages-intérêts pour trouble de jouissance. Les montants accordés vont en général de 100 à 500 € par mois, selon la gravité de la situation. Si vous avez dû vous reloger temporairement, ajoutez ces frais à votre demande. En pratique, un locataire privé de chauffage 15 jours en hiver peut obtenir environ 400 € d’indemnisation, en plus d’une réduction de loyer de 40 %.
Au-delà de 21 jours de panne ou en cas de pannes répétées, vous pouvez demander la résiliation du bail aux torts du propriétaire. Cette procédure vous libère de vos obligations tout en vous ouvrant droit à des indemnités supplémentaires pour logement non décent. Dans certains cas extrêmes d’insalubrité, les juges ont accordé une suspension totale du loyer.

Combien de temps peut-on rester sans eau chaude en location ?
L’absence d’eau chaude obéit aux mêmes règles que le chauffage. La réparation doit intervenir sous 48 heures à 7 jours maximum, selon la situation. La loi ALUR prévoit même un délai de 21 jours, au-delà duquel une indemnisation est automatique.
Le propriétaire doit donc réparer rapidement ou proposer une solution provisoire passé 48 heures. Sans eau chaude, le logement est non décent. Vous disposez des mêmes recours :
- mise en demeure,
- saisine de la CDC,
- action en justice pour obtenir travaux et indemnisation.
Les locataires peuvent consulter nos guides sur les droits locatifs pour mieux comprendre l’étendue de leurs protections légales.
Si votre chauffe-eau tombe en panne le 15 janvier, exigez sa réparation avant le 22 janvier maximum. Passé ce délai, réclamez une réduction de loyer et, si nécessaire, engagez une procédure pour faire valoir vos droits à un logement décent.
Découvrez aussi comment réparer un radiateur en panne.


