L’espacement des chevrons pour une toiture en bac acier détermine la solidité de votre structure. En moyenne, on recommande entre 1,20 et 2 mètres maximum.
Cette distance doit être calculée précisément selon l’épaisseur du bac, la pente et selon la neige qui peut tomber dans votre région. Un mauvais dimensionnement peut provoquer affaissement et infiltrations.
Nous vous expliquons comment éviter ces écueils et optimiser votre installation.
Espacement optimal des chevrons : entre 1,20 et 2 mètres
L’épaisseur du bac acier constitue le premier critère pour déterminer l’espacement des chevrons. Plus votre tôle est épaisse, plus elle peut franchir une distance importante sans fléchir. Voici les portées maximales recommandées selon l’épaisseur :
| Épaisseur du bac acier | Espacement maximal | Espacement maximal |
|---|---|---|
| 0,50 mm | 1,2 m | Charges légères, zones tempérées |
| 0,63 mm | 1,5 à 1,8 m | Usage courant, résidentiel |
| 0,75 mm | 2,0 m | Zones peu exposées |
| 1,00 mm | 2,5 m | Structures renforcées, industriel |
Ces valeurs respectent les normes du DTU 40.35 et les préconisations des fabricants.
Un bac de 0,5 mm qui fléchit dangereusement à 1 mètre supportera parfaitement 80 cm d’espacement, tandis qu’une tôle de 0,75 mm tient 2 mètres sous 50 daN/m².
Certains profils nervurés dépassent ces règles générales grâce à leur géométrie renforcée. Par exemple, le COVEO 3.35 en 0,75 mm atteint 2,30 mètres de portée, tandis que le SINUS 46C monte jusqu’à 3,40 mètres pour les bâtiments industriels. Ces performances exceptionnelles justifient leur coût légèrement supérieur.
La règle d’or : consultez toujours la fiche technique de votre bac avant de fixer l’espacement. Chaque fabricant indique les consignes à respecter selon ses produits.
Les facteurs déterminants pour calculer l’espacement
Au-delà de l’épaisseur, plusieurs paramètres influencent directement l’espacement des chevrons. Négliger l’un d’eux peut compromettre la stabilité de votre toiture.
La pente : un facteur souvent négligé
Pour les pentes inférieures à 10%, l’espacement maximal conseillé tombe à 2 mètres, même avec un bac épais. Au-delà, si vous dépassez 2 mètres d’entraxe, des vis de couture deviennent obligatoires pour maintenir la structure.
La neige dans votre région
Les zones climatiques françaises imposent des charges de neige variables qui réduisent l’espacement autorisé :
- Zone A1/A2 (Nord/Sud-Ouest) : 45 daN/m² – espacement standard maintenu.
- Zone B1/B2 : 55 daN/m² – réduction de 10 % recommandée.
- Zone C1/C2 : 65 daN/m² – réduction de 15 %.
- Zone D : 90 daN/m² – espacement réduit de 20 %.
- Zone E (montagne) : 140 daN/m² – espacement drastiquement réduit.
En zones enneigées ou venteuses, l’espacement est automatiquement réduit de 20% pour compenser les charges supplémentaires. Pour un bac de 0,75 mm, les chevrons, normalement espacés de 2,30 m, seront installés tous les 1,80 m.
Comment poser et fixer les chevrons ?
La pose des chevrons pour bac acier suit des règles précises que nous appliquons sur tous nos chantiers.
Pour les recouvrements longitudinaux, les vis de couture deviennent obligatoires dès que l’entraxe dépasse 2 mètres sur une pente inférieure à 10%. Ces fixations autoperceuses de 4,8 à 6,3 mm assurent la continuité structurelle et empêchent le déboîtement sous l’effet du vent.
La validation sur chantier passe par le contrôle de l’entraxe avec une tolérance de ±2 cm maximum, la vérification du couple de serrage selon les spécifications fabricant et le test de flèche sous charge. Cette dernière étape garantit que la déformation reste dans la limite de 1/180 de la portée, comme l’exige le DTU 40.35.
Les erreurs qui coûtent cher
Notre étude des sinistres révèle que 35% des défaillances proviennent d’un espacement trop large. Un dimensionnement incorrect entraîne un affaissement visible dès la première année, des infiltrations d’eau par déformation des joints et l’arrachement des fixations sous l’effet du vent. Les coûts de correction oscillent entre 40 et 80 €/m².
À l’inverse, un espacement trop serré augmente inutilement les coûts matériaux sans bénéfice technique. Les erreurs les plus fréquentes que nous constatons concernent l’uniformisation de l’entraxe sans tenir compte de la pente et la négligence des efforts latéraux.
Pour les structures supérieures à 20 m², une étude technique par un professionnel s’avère rentable. L’objectif : atteindre la performance souhaitée avec un volume de matière minimal, tout en garantissant une durée de vie de 40 à votre toiture.


