Vous possédez un immeuble et voulez vendre ou louer chaque appartement séparément ? Créez une copropriété. Le processus suit des étapes précises avec l’état descriptif de division, les diagnostics obligatoires et la rédaction du règlement. Voici ce qu’il faut savoir pour mettre un immeuble en copropriété correctement.
La procédure est bien balisée. Avec les bons professionnels et une checklist claire, vous évitez les erreurs coûteuses.
Les étapes pour créer une copropriété
L’état descriptif de division par le géomètre
Tout commence par l’état descriptif de division (EDD). C’est un document juridique fondamental. Un géomètre-expert mesure chaque surface et identifie chaque lot. Il distingue les parties privatives (appartements, balcons, caves) des parties communes (escaliers, couloirs, toiture).
Le géomètre attribue ensuite des tantièmes à chaque lot. Ces quotes-parts en millièmes servent à répartir les charges communes. Un T3 au premier étage reçoit plus de tantièmes qu’un T2 au rez-de-chaussée. Pour un immeuble de dix lots, le coût varie entre 2 000 et 5 000 €.

La publication et l’activation de la copropriété
Une fois l’EDD prêt, le notaire rédige l’acte de mise en copropriété et le règlement. Il dépose ensuite le dossier au service de publicité foncière. La copropriété devient alors officielle et reconnue par tous.
Elle prend vraiment effet lors de la vente du premier lot. À ce moment, il y a au moins deux propriétaires. Le propriétaire d’origine nomme un syndic provisoire. Ce syndic organise la première assemblée générale. Les copropriétaires y élisent le syndic définitif, votent le budget et mettent en place le conseil syndical.
Quels diagnostics sont obligatoires avant de mettre un immeuble en copropriété ?
Pour un immeuble de plus de dix ans, le diagnostic technique global est obligatoire. Il analyse l’état des parties communes, des équipements collectifs et la performance énergétique. Il recense aussi les travaux nécessaires pour la sécurité et la salubrité. Comptez en moyenne 1 500 € selon Diagnostiqueurs de France.
Un immeuble insalubre ne peut pas passer en copropriété en l’état. Le diagnostic peut révéler des travaux à réaliser avant toute vente de lots, comme une chaudière non conforme ou une toiture en mauvais état. Ces travaux doivent être financés avant la mise en vente.
Parmi les autres obligations à anticiper :
- Vérification du respect du PLU local avant toute subdivision.
- Évaluation de la valeur globale de l’immeuble et de chaque lot.
- Interdiction absolue de créer des lots d’habitation inférieurs à 14 m².
- Ouverture d’un compte bancaire au nom du syndicat des copropriétaires.
Pensez aussi au DPE de chaque lot lors de la mise en vente. La réglementation climat renforce ces exigences, avec un objectif DPE C pour les copropriétés d’ici 2034.
Comment rédiger le règlement de copropriété ?

Le règlement de copropriété est la loi interne de votre immeuble. Il est rédigé par un notaire, un avocat ou un géomètre, après l’établissement de l’EDD. Il doit obligatoirement préciser plusieurs éléments.
- La délimitation exacte des parties privatives et des parties communes.
- La destination de chaque lot : habitation, commerce, usage mixte.
- Les règles d’usage des parties communes.
- La répartition des charges générales et spéciales par tantièmes.
- Le fonctionnement de l’assemblée générale, du syndic et du conseil syndical.
Exemple : Le règlement peut préciser que les balcons sont privatifs, mais que la structure reste à la charge de la copropriété. Il peut aussi interdire la location touristique de courte durée sans l’accord de l’assemblée générale. Plus le règlement est clair et détaillé, moins vous risquez de conflits par la suite.
Toute modification ultérieure nécessite un vote en assemblée générale à la majorité absolue (article 25 de la loi du 10 juillet 1965).
Les erreurs fréquentes à éviter
Créer une copropriété sans anticiper certains points peut coûter très cher. Voici les pièges les plus courants :
- Omettre le DTG pour un immeuble de plus de dix ans : cela bloque les ventes et expose à des amendes.
- Mal répartir les tantièmes : une erreur du géomètre génère des litiges sur les charges pendant des années.
- Ne pas désigner de syndic lors de la première AG : la copropriété ne peut pas ouvrir de compte bancaire ni souscrire d’assurance.
- Ignorer les règles d’urbanisme locales : une division non conforme au PLU peut être annulée.
- Rédiger un règlement vague sur les jouissances exclusives : source de conflits entre voisins.
Faites-vous accompagner dès le départ par un géomètre certifié et un notaire expérimenté. Vous éviterez la plupart des erreurs. La création d’une copropriété coûte en général entre 5 000 et 15 000 € selon la taille de l’immeuble. C’est un investissement vite rentabilisé grâce à la valeur ajoutée créée.


