Trouver un bon locataire, c’est la base d’une location sereine. Pourtant, beaucoup de propriétaires font confiance à leur instinct… et le regrettent. Nous allons vous donner une méthode claire, étape par étape, pour choisir votre locataire avec confiance et sécurité.
La solvabilité, le dossier, le comportement et les garanties comptent. Apprenez à vérifier chaque point avec méthode pour choisir le bon profil et éviter les erreurs.
Évaluer la solvabilité d’un locataire en priorité
C’est le critère numéro un. Un locataire peut être très convaincant lors de la visite et pourtant ne plus payer dès le deuxième mois. La solvabilité ne repose pas sur une impression. Elle se vérifie avec des chiffres et des preuves concrètes.
La règle des 3x le loyer et le taux d’effort
La règle est simple. Les revenus nets mensuels doivent atteindre au moins trois fois le loyer charges comprises. Pour un loyer de 1 000 €, il faut donc 3 000 € nets par mois.
Il faut aussi vérifier le taux d’effort. La formule est la suivante : loyer et charges divisés par les revenus nets, puis multipliés par 100. Au-delà de 33 à 35 %, le risque d’impayé augmente nettement. Dans les zones tendues, certains professionnels vont jusqu’à 37 %, mais seulement avec des garanties solides.
Prenons un cas concret. Un candidat gagne 2 000 € nets. Le loyer est de 850 € avec 100 € de charges. Le total atteint 950 €. Son taux d’effort s’élève à 47,5 %. Ce niveau reste trop élevé pour signer en toute sérénité.
Calculer la capacité locative réelle du candidat
La capacité locative se calcule en multipliant les revenus nets par 0,33. Avec 2 000 € de revenus, le loyer maximum supportable est de 660 €. Au-delà, vous prenez un risque.
Attention aux revenus exceptionnels. Les primes occasionnelles, les heures supplémentaires rares ou les revenus variables donnent une fausse impression. Ils ne reflètent pas votre vrai budget mensuel. Ne retenez que les revenus fixes et réguliers.

Vérifier le dossier locataire pas à pas
Un dossier solide reste votre meilleure protection. La loi fixe clairement les documents que vous pouvez demander. Si vous dépassez ce cadre, vous risquez des sanctions.
Les justificatifs autorisés par la loi
Le décret 2015-1437 fixe la liste limitative des pièces autorisées. Voici ce que vous pouvez légalement exiger :
- Les trois derniers bulletins de salaire.
- Le contrat de travail (CDI ou CDD en cours).
- Le dernier avis d’imposition.
- Les quittances de loyer du précédent logement.
- Une attestation de l’employeur.
Pour un indépendant sans fiche de paie, demandez ses déclarations fiscales et ses trois dernières factures clients. Pour le garant, exigez les mêmes justificatifs. Beaucoup de propriétaires l’oublient. C’est une erreur qui peut coûter cher.
Comment contrôler l’authenticité des documents ?
Les faux bulletins de salaire existent. Vérifiez les dates, le nom de l’employeur et les cotisations sociales. Croisez ensuite avec l’avis d’imposition, les montants doivent correspondre.
Vous pouvez contacter l’employeur pour confirmer le contrat. C’est professionnel, pas intrusif. Des outils digitaux permettent aussi de vérifier la solvabilité via des APIs bancaires. Notre comparatif des meilleurs logiciels de gestion locative vous aidera à trouver des solutions adaptées à votre organisation.
Les comportements à observer lors de la visite
Le dossier, c’est la théorie. La visite, c’est la réalité. Quelques minutes suffisent pour observer des signaux révélateurs.
Un candidat sérieux arrive à l’heure et pose des questions précises sur les charges, l’entretien ou les équipements. Ce n’est pas de la curiosité, c’est de la responsabilité. Un candidat pressé qui ignore les détails mérite attention.
Observez le respect du logement. Ceux qui vérifient sols et équipements prennent soin des lieux. Demandez aussi les coordonnées de l’ancien bailleur pour confirmer les paiements passés, c’est légal et très révélateur.

Quelles garanties exiger pour se protéger contre les impayés ?
Même avec un dossier solide, une garantie reste votre filet de sécurité. Plusieurs options existent, et elles ne s’excluent pas toujours.
Le garant physique reste la solution la plus courante. Il doit gagner trois fois le loyer et fournir les mêmes justificatifs que le locataire.
Précisez s’il s’agit d’une caution solidaire, qui permet d’agir directement contre lui, ou d’une caution simple, qui nécessite d’abord de poursuivre le locataire.
La Garantie Loyers Impayés (GLI) est plus complète. Elle couvre jusqu’à 90 000 € par an et inclut souvent les frais de justice, la remise en état et le serrurier. Les baux sans GLI présentent parfois quelques impayés, contre beaucoup moins avec l’assurance (Assurance Pro-Immobilier, 2025). La plupart des assureurs refusent la GLI si le taux d’effort dépasse 35 %.
Demandez toujours un devis avant de signer. Pour en savoir plus sur les assurances liées à la location, consultez notre guide sur l’assurance habitation pour les propriétaires.
Ce que la loi interdit lors de la sélection d’un locataire
Sélectionner un locataire, oui. Discriminer, non. La loi est très claire sur ce point, et les sanctions peuvent être lourdes.
Vous ne pouvez pas demander le casier judiciaire, des relevés bancaires sans accord, ni plus de trois bulletins de salaire. Refuser un candidat pour son origine, son âge ou sa situation familiale entraîne amende CNIL et poursuites pénales.
Le refus doit se baser uniquement sur la solvabilité. L’avis d’imposition seul ne suffit pas, il doit être combiné aux bulletins de salaire. Archivez les dossiers cinq ans pour justifier vos choix en cas de litige.
Choisir un locataire reste un processus rigoureux. Avec une méthode claire et les bonnes garanties, vous protégez votre investissement. Proprilib vous accompagne à chaque étape pour louer sereinement.


